Arrêt de la Pilule, comment j'ai arrêté ?

La pilule est un sujet assez controversé, surtout depuis quelques années, où ses effets secondaires sont décriés. De mon côté, après une réflexion de plus d'un an, j'ai finalement franchi le pas et je ne regrette rien ! 6 mois après avoir arrêté la pilule, je vous raconte ce qu’il s’est passé...

Mon Histoire avec la Pilule

J'ai commencé à prendre la pilule à 16 ans, non pas pour des besoins contraceptifs mais principalement pour des douleurs de règles devenues insupportables. Cela m'a en effet aidé avec les douleurs, et a aussi réduit progressivement la quantité de mes règles qui sont passées d'une semaine à 4/5 jours.

J'ai toujours eu des pilules micro-dosées, que j'ai bien supportées dans l'ensemble, même si j'ai changé de marques à quelques reprises. En ce qui concerne les effets secondaires liés à la pilule, je n'ai jamais rien remarqué de soudain, comme une prise de poids ou de l'acné pour certaines.

Toutefois, à partir de mes 24 ans, je suis passée sous une autre marque, et c'est à partir de là que les choses ont commencé à empirer. Dans mon cas, les effets secondaires sont arrivés de manière très progressive, quasi imperceptible, mais ne sont jamais allés en s'améliorant, même si j'ai changé de pilule par la suite.

À 29 ans, donc il y a 6 mois, j'ai décidé d'arrêter ce cycle infernal et d'arrêter la pilule, après plus de 13 ans de consommation régulière !

Femme qui fait stop avec ses mains
Photo de Drew Hays sur Unsplash

Pourquoi j'ai décidé d'arrêter la pilule ?

Arrêter la pilule n'est pas une décision que l'on prend à la légère, surtout que vivant actuellement aux États-Unis, je ne voulais absolument pas prendre le risque de tomber enceinte ici. Avoir un bébé aux US coûte extrêmement cher, et nous n'avons aucune famille ici, il aurait donc fallu rentrer en France plus tôt que prévu.

Toutefois, les conséquences liés à la pilule, qui avaient vraiment commencés il y a 4 ans, devenaient de plus en plus insupportable :

  • Baisse progressive puis disparition de ma libido (qui a été assez difficile pour mon couple)
  • Fatigue quotidienne, plus ou moins intense (il était devenu difficile de faire du sport, ou même de me coucher après 23h)
  • Hypersensibilité émotionnelle et physique (je pleurais très facilement, sursautais pour un rien, j'étais devenue super chatouilleuse et bien plus douillette qu'avant)
  • Règles de moins en moins abondantes (les derniers mois, mes règles duraient à peine deux jours et je n'avais plus aucunes douleurs - non pas que je m'en plaignais mais j'avais l'impression d'être déconnectée avec mon corps)
  • Maux de tête devenus plus fréquents
  • Sécheresse globalisée sur tout le corps : peau extra sèche, cuir chevelu super sec et irrité, yeux secs...
  • Problèmes de digestion (ventre gonflé, ballonnements, gaz, diarrhée, ou encore constipation)

La liste des conséquences liées à la pilule a grandi au fur et à mesure des années, et il m'aura fallu pas mal de temps pour faire la liaison entre tous ces maux. Puis, après m'être beaucoup renseignée sur le sujet, avoir lu et écouté de nombreux témoignages, et trouvé une contraception alternative, j'ai décidé d'arrêter la pilule en mai dernier !

Cela fait donc plus de 6 mois que j'ai arrêté la pilule, et j'ai eu l'occasion de remarquer plusieurs changements...

Plaquette de pilule sur fond bleu
Photo de Reproductive Health Supplies Coalition sur Unsplash

Arrêt de la pilule : les effets que j'ai observé

Comme vous vous en doutez peut-être, j'ai donc arrêté la pilule en plein confinement. J'ai pu faire un RDV avec ma gyneco juste avant d'arrêter officiellement car les rendez-vous en visioconférence ont été mis en place, et cela était du coup beaucoup plus pratique pour moi !

Le fait d'arrêter pendant le confinement a eu quelque chose de rassurant car comme j'étais chez moi, pas de risque d'avoir mes règles au boulot de manière inopinée, et si j'avais de grosses douleurs, j'étais à la maison de toute façon ! En revanche, le confinement et la situation ont aussi eu un impact sur mon moral, et il est donc difficile de savoir ce qui est vraiment du à l'arrêt de la pilule, et ce qui est lié à l'environnement actuel stressant...

Du coup, 6 mois après avoir arrêté la pilule, voilà ce que j'ai pu remarquer :

Des cycles menstruels plutôt réguliers

Dès le premier mois, j'ai été très surprise de retrouve un cycle complètement normal de 27 jours et sans effets secondaires particuliers (j'avais lu de nombreux témoignages disant que le premier cycle après l'arrêt de la pilule quand arrive les règles pouvait être très long, parfois plus de 2 mois, mais cela n'a pas été mon cas). Tout s'est bien passé dans l'ensemble, mais je soupçonne la pilule d'avoir encore un peu agit sur mon corps car ce cycle était "trop normal". Après 13 ans de consommation, on ne se débarrasse pas des hormones synthétiques en seulement quelques jours !

Le reste des cycles suivants ont oscillé entre 25 et 29 jours, donc avec une très bonne régularité, ce qui m'a là aussi assez surprise.

Dès que mes premières règles sont arrivées après l'arrêt de la pilule, j'ai retrouvé des menstruations plus "classiques" avec une durée de 5 jours. En général, les 2 premiers jours sont abondants, les 2 suivants sont moyens, puis le dernier jour est léger.

Au niveau des douleurs menstruelles, j'ai par contre vu une vraie différence dès le premier mois. J'ai retrouvé des douleurs assez intenses le premier jour, parfois également le 2ème, mais le reste des menstruations est beaucoup plus supportable et je n'ai clairement plus aussi mal que quand j'étais adolescente. Le Doliprane et la bouillotte se sont avérés être plutôt efficaces pour moi ! En revanche, j'ai clairement remarqué une grosse fatigue le premier jour, et cela à chaque cycle !

Une détoxication progressive du corps

Ayant été choquée par la "normalité" de mon premier cycle après l'arrêt de la pilule, j'ai décidé un mois après, de faire une cure de charbon de 21 jours, afin de bien éliminer toutes les toxines de mon corps ou les restes d'hormones synthétiques. Après seulement 1 semaine de cure, j'ai vu une nette amélioration de ma digestion. Puis après un ou deux mois, ma digestion est revenue complètement à la normale ! Aujourd'hui, je n'ai quasiment plus aucun problèmes de digestions, que ce soit le ventre gonflé, les ballonnements ou les diarrhées, alors que c'était quasiment quotidien avant.

Trois mois après l'arrêt de la pilule, j'ai commencé à "ressentir" un peu plus mon corps. J'ai notamment remarqué des signes plus notables au moment de l'ovulation (quelques crampes ou un peu d'acné) et un syndrome pré-menstruel plus marqué, plus de crampes et douleurs dans le bas du dos la veille de mes règles.

Je me sens aujourd'hui plus connectée à mon corps, comme si j'étais sortie d'une sorte de brouillard.

Fini la peau sèche, mais retour de l'acné

En ce qui concerne ma peau très sèche, j'ai vu une nette différence à partir du 3ème mois. Elle a commencé à se réhydrater d'elle-même naturellement, mais également à reproduire du sébum.

Ma peau du visage est aujourd'hui beaucoup moins sèche qu'avant et mais surtout, j'ai retrouvé le "plaisir" des points noirs et des petits boutons d'acné (qui avaient presque complètement disparu). Elle a aujourd'hui un peu plus d'imperfections, mais elle tiraille moins aussi. Je remarqué des petites poussées d'acné au moment de l'ovulation, et surtout avant ou pendant les règles (mais ce n'est jamais plus de 2/3 boutons, et toujours autour de la bouche ou du nez. Je pense que cela finira par se réguler avec le temps.

Enfin, le reste de ma peau, que ce soit au niveau du corps ou même du cuir chevelu, est bien moins sèche qu'avant !

Des évolutions de l'humeur plus discrètes

Au niveau de l'humeur, je n'ai pas remarqué de différence notable, surtout que depuis le début du confinement, le moral n'est pas forcément au top. En effet, on n'a plus trop de vie sociale : on ne voit plus personne, je travaille toujours de la maison, tout est toujours fermé, pas de cinéma ou de salle de sport... donc forcément, ça n'aide pas.

Toutefois, mon copain m'a fait remarqué que j'avais fait des petites "crises" d'hyper-sensibilité les premiers mois après l'arrêt de la pilule. Par exemple, je me suis une fois retrouvée à pleurer car il avait éclaté une bulle de savon qui volait au dessus de l'évier... 🤪

Depuis, je trouve que mon humeur s'est stabilisée, et même si je reste sujette à l'hypersensibilité, notamment pendant mon syndrome pré-menstruel, j'ai l'impression que je suis moins à fleur de peau qu'au début.

En ce qui concerne la libido, j'ai commencé à voir une amélioration légère et progressive au bout de 4/5 mois, mais pour le moment, ce n'est pas encore revenu à ce que c'était il y a 5/6 ans. Le fait d'être encore en confinement aux US ne doit pas aider non plus, donc là, difficile de voir un effet flagrant, mais j'ai quand même senti une amélioration !

Donc dans l'ensemble, j'ai très bien vécu mon arrêt de pilule ! Je n'ai pas eu d'effet secondaire violent ou arrivé de manière soudaine. Cela a été plutôt progressif et mon corps a eu le temps de s'adapter. Aujourd'hui, 6 mois après, je ne regrette absolument pas ma décision !

Femme libre face à la mer
Photo de Frank Vessia sur Unsplash

Arrêt de pilule et grossesse : quelle est ma nouvelle contraception sans hormones ?

Même si j'ai arrêté la pilule, je ne suis toutefois pas prête à avoir des enfants tout de suite. C'est pourquoi il me fallait une méthode de contraception alternative, que je voulais sans hormones !

Aujourd'hui, j'utilise la symptothermie pour mieux comprendre mon cycle et identifier ma période d'ovulation, et donc ma période fertile. En effet, une femme n'est fertile que quelques jours par mois, et une fois que l'on est bien entraînée et que l'on a appris à bien identifier cette période, il suffit de se protéger uniquement pendant ces quelques jours.

C'est une méthode encore assez confidentielle, même si de plus en plus de personnes l'utilise et commencent à en parler. Il y a de plus en plus de livres et d'influenceuses qui parlent de ce sujet, qui mérite clairement d'être plus connu !

Pour faire simple, le concept est d'observer son corps et ses symptômes pour savoir à quel moment il faut se protéger, soit avec une méthode dite barrière (comme le préservatif) ou avec l'abstinence et la non-pénétration. C'est symptômes sont la température basale et la glaire cervicale, et en option la position et dureté du col de l'utérus.

Cela fait maintenant plus de 6 mois que j'utilise cette méthode, et je trouve le concept génial. Mais je suis encore choquée et frustrée de voir que j'ai découvert ça à presque 30 ans ! Sans même parler de la contraception, c'est d'abord un moyen de comprendre son corps, et toutes les femmes devraient être au courant que cette méthode existe...

C'est un sujet qui me fascine beaucoup, et je pense que je vous ferai un article dédié à la symptothermie dans quelques semaines, pour vous expliquer ça un peu plus en détails !

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